François Hadji-Lazaro

Publié le par Marc CAILLAUD

L'insaisissable FHL

"Contre-courant". Le titre de son dernier album solo, paru en 2004 mais récemment ressorti, résume à lui seul le personnage. A 49 ans, François Hadji-Lazaro reste une imposante énigme. Une gueule connue (le cinéma y est aussi pour beaucoup) mais finalement un seul véritable succès (Le bar tabacs de la rue des Martyrs en 1990 avec Pigalle)* en déjà vingt ans de carrière.

Et ça le chagrine un peu : « J'aimerais qu'on me comprenne », confie-t-il au téléphone, alors qu'il prépare son prochain opus. J'ai plusieurs facettes, je le revendique. Je peux être violent et caustique, triste et romantique... On ne peut pas me ranger quelque part. Finalement, je paye un peu ces choix ».

Comment, pourtant, ne pas être épaté par le parcours atypique de ce fils d'immigré grec musulman, déporté, résistant et communiste ? Pourquoi faudrait-il juger paradoxal qu'il ait créé un groupe punk (les Garçons Bouchers) en étant issu du folk, appris à jouer de dizaines d'instruments traditionnels (« En ce moment, je me suis mis à l'oud ») sans pourtant se séparer de ses boîtes à rythmes, tenu à bout de bras pendant quinze ans un label indépendant (Boucherie Productions, 140 albums rock, folk, punk, chanson,) pour se retrouver chez "l'ogre" Universal (« où j'ai une extrême liberté artistique ») ?

Et ça continue : sur sa tournée actuelle, il s'amuse à proposer de nouvelles versions d'anciens titres, les siens ou ceux de Pigalle, des Garçons Bouchers, de Los Carayos, de sa période Topor... Insaisissable FHL, qui, à propos des événements actuels en France, renvoie à une chanson écrite voici dix ans pour les Garçons Bouchers, Tout se dégrade, figurant dans "Contre courant" : « J'y parlais du retour du fascisme. J'espère que ce n'était pas prémonitoire... ».


Marc CAILLAUD

* Il y a d'autres succès de FHL, avec ses différents groupes: "la Patate", "la Bière", "la Lambada on n'aime pas ça", "Du beaujolais" (sur l'air de "No milk today")... Apéroman

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Publié dans Editorial

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