Cabestany
Géographie:
Code INSEE 66028 Code postal 66330 Maire
Mandat en coursJean Vila
2001-2007Intercommunalité Longitude 02°56'36" Est Latitude 42°40'52" Nord Altitudes moyenne : 27m
minimale : 0m
maximale : 53mSuperficie 1042 ha
= 10,42 km²Population sans
doubles comptes8 259 hab.
(1999)Densité 305 hab./km² Cabestany est une commune de 1042 hectares, située dans la plaine côtière du Roussillon, juste au sud-est de Perpignan, à proximité de l'étang de Canet. Son territoire s'étend entre les fleuves de la Têt et du Réart. Il s'agit pour l'ensemble d'une ancienne zone marécageuse, occupée autrefois par des étangs aujourd'hui asséchés. Le territoire agricole, esentiellement consacré à la vigne, s'est considérablement rétréci depuis une trentaine d'années avec l'extension des zones pavillonnaires.
Communes limitrophes : Perpignan, Canet, Saint-Nazaire, Saleilles.
Histoire:
Préhistoire:
Sur le territoire de Cabestany, des fouilles archéologiques ont révélé, grâce aux pierres taillées mises au jour, la présence d’une occupation humaine durant le Paléolithique inférieur.
Antiquité:
Cabestany constituait une station romaine entre le IIe siècle avant J-C et le Ve siècle de notre ère comme le prouvent des céramiques, des pièces de monnaie et autre mobilier mis au jour lors de fouilles (sud-est de la ville actuelle).
Présence de la Via Domitia (route romaine très empruntée) au sud-est de la ville.Moyen Age:
• 927 : dans un acte écrit, 1ère mention de Cabestany (Cabestagnium).
• 26 mars 1089 : 1ère mention de l’église dédiée à la Vierge Marie.C'est un édifice à nef unique avec abside semi-circulaire, construit aux XIe et XIIe siècles, dont la voûte a été refaite à la fin du moyen âge, époque où l'on a aussi ajouté deux chapelles latérales d'architecture gothique. Au XXe siècle, un nouvel agrandissement a permis d'extraire d'une porte méridionale un superbe tympan de marbre blanc sculpté, oeuvre du Maître de Cabestany, artiste anonyme du XIIe siècle, à qui on doit aussi le linteau de Saint-Génis de Fontaines et la frise du portail de l'église du Boulou. Le tympan représente la résurrection du Christ, l'incrédulité de saint Thomas et l'Assomption de la Vierge, le tout présidé par un Christ bénissant. C'est évidemment la principale richesse de l'église, où l'on trouve aussi un bénitier du XVIe siècle et plusieurs toiles du XVIIIe siècle, certaines signées par Rieudemont. Le maître-autel date de la fin du XVIIe siècle et du début du XVIIIe.
• 24 janvier 1175 : Arnaud de Cabestany, seigneur du bourg du même nom et père du troubadour Guillem de Cabestany, dicte son testament.
• Seconde moitié du XIIe siècle : Guillem de Cabestany écrit ses poèmes chantés parmi lesquels " Lo dous cossire " (le doux souci).
Le célèbre sculpteur roman, nommé le Maître de Cabestany, réalise le tympan dédié à la Vierge Marie, aujourd’hui conservé dans l’église paroissiale où il a été découvert en 1930, ainsi que d’autres sculptures à le Boulou et à Passa (Roussillon), en Italie (Toscane), en Languedoc (Aude) et en Espagne (Catalogne et Navarre).
• 1172-1276 : monarchie catalano-aragonaise. Par legs testamentaire, le comté de Roussillon, auquel appartient Cabestany, passe sous la dépendance catalano-aragonaise (Espagne) alors que son évêché (Elne) dépend toujours de la métropole de Narbonne.
• 1276-1344 : royaume de Majorque. Les rois de Majorque sont comtes de Roussillon et de Cerdagne, seigneurs de Montpellier et vicomtes de Carladés.
• XIIIe siècle : la commanderie de l’Ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem possède la seigneurie de Cabestany jusqu’à la fin de l’Ancien Régime (1789).
• 1344-1410 : thalassocratie catalano-aragonaise avec la dynastie des Trastamare. Une politique fondée sur l’expansion maritime est mise en œuvre. Les rois d’Aragon sont également rois de Valence et de Majorque, de Sardaigne et de Corse, comtes de Barcelone, de Roussillon et de Cerdagne. Le dernier monarque sera de plus roi de Sicile.Epoque moderne:
•1410-1659 : par légation testamentaire, le comté de Roussillon appartient à la couronne d’Aragon (Espagne) puis à la dynastie des Habsbourg (Charles Quint empereur) dès 1516. S’ensuit une série de batailles et de tractations entre français, catalans et castillans.
• 7 novembre 1659 : signature du Traité des Pyrénées par le roi de France et de Navarre, Louis XIV, établissant que la frontière entre les deux royaumes (France et Espagne) se situera dorénavant sur les Pyrénées. Le Roussillon est désormais une province.
• 31 mai 1660 : la France annexe le Roussillon et le Vallespir, le Conflent, le Capcir et une partie de la Cerdagne ainsi que les terres jouxtant le Conflent et le Capcir.
• XVIIIe siècle : le Roussillon est mis à l’écart du royaume de France mais entretient toujours des relations avec la Catalogne. L’agriculture constitue le revenu économique essentiel malgré de nombreuses inondations.
• 1787 :Cabestany compte 25 habitants permanents et 36 occupants provisoires (saisonniers ou brassiers).Epoque conteporaine:
• 1789 : Révolution Française.
• 15 janvier 1790 : un décret de l’Assemblée Nationale créé 83 divisions administratives, les départements, qui remplacent les anciennes provinces. Celle de Roussillon devient donc département des Pyrénées-Orientales avec adjonction du territoire languedocien de Saint-Paul-de-Fenouillet.Le département est divisé en trois districts :
celui de Perpignan (plaine du Roussillon dont Cabestany fait partie),
celui de Prades (Conflent, Cerdagne, région d’Ille-sur-Têt)
et celui de Céret (Vallespir et région de Thuir).
• 22 septembre 1792 : proclamation de la République.
• 7 mars 1793 : le gouvernement français déclare la guerre à l'Espagne.
• 17 juillet 1793 : bataille franco-espagnole importante entre Cabestany et Orle relatée par François-Xavier Antoine de Llucia (député, maire de Perpignan puis conseiller du département et procureur-syndic) dans une lettre à sa mère datée du 18 juillet de la même année.
• 3 septembre 1793 : les espagnols entrent dans le village qu’ils saccagent.
• 17 septembre 1793 : victoire décisive des français sur les espagnols à Peyrestortes où s’est illustré le général Cassanyes.
• Début XIXe siècle : le département est l’un des moins peuplé de France. Cabestany est touchée par des épidémies de paludisme (malaria) dues à la présence de l’étang. A la fin du siècle, la prospérité revient avec une économie fondée sur l’agriculture de marché.
• Place du centre en 1912.• 12 janvier 1924 : création de la commune de Saleilles qui composait jusqu’alors un hameau de Cabestany.
Ce qui frappe dans Cabestany, avant toute chose, c'est son évolution démographique. Le chiffre de 1836 (500 habitants) est en effet ridicule si on le compare à celui du plus récent recensement (8259 habitants en 1999). Que s'est-il passé entre temps ?
D'abord une assez forte poussée démographique tout au long du XIXe siècle, puisque la population a triplé entre 1836 et 1901. Puis, après la première guerre, une assez forte régression : 1030 habitants en 1926, 964 en 1936, chiffre confirmé après la seconde guerre mondiale (949 habitants en 1946). Par la suite, on assiste à une très légère progression, jusqu'aux années 70, où les chiffres s'envolent : alors qu'il n'y avait que 1346 habitants en 1968, on en trouve 4343 en 1975, 6221 en 1982, 7513 en 1990 et 8259 en 1999. Evidemment, les principales causes de cet essor sont la proximité de Perpignan et le lotissement de nombreux terrains, qui ont permis la construction de centaines de maisons particulières. On peut évidemment considérer Cabestany comme une cité-dortoir, ce qui est en partie vrai, mais il convient de mettre aussi en avant une politique municipale intelligente, qui a su donner une âme à cette petite ville, une identité qui manque parfois à d'autres communes du même type. N'est-ce pas ?!
Le maître dit de Cabestany:
Une découverte providentielle est à l’origine de la renaissance d’un remarquable sculpteur et de son œuvre datant du Moyen ge. Un tympan de style roman (classé auprès des Monuments Historiques) fut mis au jour dans les années 1930 lors de travaux d’agrandissement de l’église paroissiale de Cabestany.
Les hautes qualités techniques, le thème et l’originalité du tympan menèrent les érudits de l’époque à l’étudier et à le comparer à d’autres sculptures médiévales.
Leurs conclusions révélèrent un artiste anonyme, nommé depuis lors le Maître de Cabestany, ayant sculpté des œuvres (chapiteaux, sarcophage, modillons…) aujourd’hui présentes dans de hauts lieux religieux (églises, abbayes…) en Italie (Toscane), en Espagne (Navarre et Catalogne) et en France (Languedoc et Roussillon).
Au total, à travers l’Europe, 121 pièces sculptées sont attribuées au Maître ou à son atelier.
À ce jour, le Maître de Cabestany, internationalement reconnu pour avoir marqué la seconde moitié du XIIe siècle dans l’art religieux, a fait l’objet de nombreuses études (plus de 200 références bibliographiques parmi lesquelles un ouvrage paru aux éditions Zodiaque en mars 2000) d’éminents chercheurs français et européens spécialisés en théologie, en histoire et en histoire de l’art.
Au début des années 1990 la Municipalité de Cabestany a décidé de porter à la connaissance de tous l’œuvre du sculpteur anonyme.
Aussi, dès 1993, suite aux conseils de l’Inspecteur Général des Monuments Historiques, la Ville s’est entourée d’un Comité Scientifique regroupant d’émérites personnalités françaises et européennes afin de sélectionner parmi les nombreuses sculptures du Maître de Cabestany les plus importantes et les plus représentatives.
Sur leurs conseils, la Municipalité a initié la réalisation de moulages des œuvres du Maître de Cabestany. À ce jour, plus de 60 moulages des œuvres majeures ont été réalisés par Monsieur Alphonse Snoeck, sculpteur mouleur, selon une méthode agréée par les Monuments Historiques. Réalisée avec des poudres de pierres, elle reproduit exactement le même grain que celui d’origine ainsi que la couleur, aboutissant à un moulage identique à l’œuvre originale, en grandeur nature.
Dès 1994, la Ville a acquis une ancienne cave viticole de plus de 1100m2 de surface qui accueillera le Centre de Sculpture Romane dès juin 2004. Trois pôles distincts seront mis en avant : muséal ; pédagogique ; de recherche et d’étude.
Le pôle muséal montrera la collection permanente des moulages complétée par des salles réservées à l’histoire, à l’histoire de l’art et à la sculpture romane (chantiers, outillage, différents ateliers de sculpteurs contemporains du Maître, œuvres…).
Durant sa visite, le visiteur sera confronté aux œuvres majeures du Maître, fixées au mur ou isolées (permettant d’en faire le tour) puis à des moulages présentant des détails des motifs représentés par le sculpteur et classés par thèmes (les animaux, la flore, les anges, les accessoires et les personnages).
Ensuite, la visite présente les contextes historique et artistique contemporains du Maître de Cabestany…
Ce pôle muséal projète d’emmener le visiteur dans un voyage à travers le temps et l’espace tout en mettant à sa disposition des informations artistiques, historiques et culturelles.
L’exposition permanente sera complétée par des expositions temporaires liées au Moyen âge (instruments de musique, diverses armes médiévales, costumes…) et par la présence d’un auditorium qui permettra de visionner les sites romans dans lesquels le Maître a œuvré…
Le pôle pédagogique, qui concerne les publics scolaires et adultes, sera constitué de salles d’atelier susceptibles d’accueillir des classes du patrimoine et des adultes en stage (initiation puis perfectionnement à diverses techniques artistiques médiévales telles que la sculpture, la calligraphie…). Ce pôle constituera une entité autonome dans le Centre de Sculpture tout en restant en connexion avec les salles d’exposition et le pôle de recherche.
Le pôle de recherche et d’étude comprendra essentiellement un fonds permanent bibliographique, un fonds iconographique et une base de données consacrés au Maître de Cabestany et à la sculpture au Moyen ge.
Après avoir visité le Centre de Sculpture romane, les intéressés pourront se rendre dans l’église Notre-Dame-des-Anges admirer le tympan du Maître de Cabestany.L’origine du nom Cabestany:
Le nom de notre village, CABESTANY, vient du latin : CAPUT (tête d'homme ou d'animal) et de STAGNUM (nappe d'eau) ou de CAPUT STAGNI (en catalan CAP DE L'ESTANY) qui signifie
" tête de l'étang ", le mot latin CAPUT amenant CAP puis devenant CAB (dont les modernes castillans ont fait CABEZA : tête).
L'origine du nom prouve donc deux choses :
• influence romaine
• présence d'un étang
Diverses appelation :
• 927 : Villa de Cabestagnio
• 1211 : de Capite Stangno
• 1342 : de Capitestanyo
Du blason au logo de la ville:
À l’origine, la ville de Cabestany, comme de nombreuses autres, ne possédait pas de blason. Celui-ci, attribut héraldique, est un ensemble des signes, devises et ornements de l’écu d’une famille, d’un État ou d’une ville.
Regardons dès à présent notre blason qui est une adaptation contemporaine. D’abord sa forme carrée : elle est typique des pays catalans et la plus indiquée pour les écussons municipaux. En 2001, la municipalité y a ajouté l’adage : " Cabestany, avec passion ".
Mais, la question que tout le monde se pose concerne la tête de maure : pourquoi cette tête ? Pour l’expliquer, il faut repartir au Moyen Age, en 1233. Un certain Pere (Pierre) de Cabestany, fils ou frère du troubadour Guillem de Cabestany, se serait illustré lors d’un combat contre un chef maure, Ali Ahmed auquel il trancha la tête. En récompense, Jacques d’Aragon aurait offert à Pere les possessions d’Ali Ahmed, ce qui lui valut d’ajouter sur ses armoiries une tête de maure enturbanné accompagnée d’un serpent d’or en anneau (signifiant l’éternité).
Concernant les couleurs, les bandes " or " et la ligne " sang " symbolisent les couleurs catalanes. Enfin, les flots verts rappellent rappèlent la présence de l’étang qui composait, avant d’être asséché, la majorité du territoire de la commune.
La légende de Guillem de Cabestany:
Le récit qui suit s'est répandu dans toute l'Europe médiévale. Quelle est son origine ? Je n'en sais absolument rien pour ma part. Toujours est-il qu'on en retrouve l'essentiel dans le célèbre Décameron de Boccace. Dans sa version catalane, c'est le troubadour Guillem de Cabestany qui en est le héros malheureux.
Guillem de Cabestany aurait été élevé en qualité de page au château de Ramon de Castell-Rosselló, non loin du château de Cabestany. Devenu écuyer de la châtelaine, dame Saurimonde, il séduit celle-ci par son charme et ses talents poétiques. (ci-dessous se trouve un poème en Catalan de Guillem de Cabestany). Il compose d'ailleurs pour elle des chansons, dont le contenu met la puce à l'oreille de Ramon, le mari trompé. Ce dernier, lors d'une partie de chasse, demande à Guillem quel est le nom de la belle qu'il honore ainsi, et le jeune chevalier répond par un mensonge : ce serait Agnès, la soeur de Saurimonde, épouse de Robert de Tarascon. Mise au courant de ce mensonge, Agnès fait tout pour que Ramon ne se doute de rien. Elle en fait même un peu trop, si bien que Saurimonde, jalouse, demande à Guillem de composer pour elle une nouvelle chanson où il devra déclarer qu'il n'aime et n'a jamais aimé qu'elle. Guillem exécute cet ordre, qui signe son arrêt de mort.
N'ayant plus maintenant aucun doute, Ramon emmène Guillem loin du château, le poignarde, lui coupe la tête et lui arrache le coeur. A son retour, il remet le coeur à son cuisinier, lui ordonne de l'accommoder en venaison, puis le fait servir à sa femme. Cette dernière déclare qu'elle n'a jamais mangé de mets plus délicat. Alors Ramon lui présente la tête sanglante de Guillem, et lui explique la nature de ce qu'elle vient de manger. Désespérée, Saurimonde se précipite vers une fenêtre et se jette dans le vide.
S'allarga el dia en tendre excés
S'allarga el dia en tendre excés,
les flors esclaten pels vergers
i els ocells coregen llurs rims
pels bardissars, que feia ombrers
el fred; mes ara pels alts cims
i entre les flors i els branquells prims,
piulen en gaia volior.I jo m'enjoio amb tal clamor
car tinc al cor un goig d'amor,
de què un desig molt dolç ha eixit.
Fix com la serp al sicomor,
no me'l traurà el malreeixit.
Tot altre goig esdevé oblit
davant l'amor que, ai las, no em val.Des que menjava el fruit fatal,
Adam, de què ens perdura el mal,
més bella no n'ha fet el Crist:
cos preciós, dels ulls regal,
blanc i fi, com mai no s'ha vist ...
Tan bella és, que en resto trist,
car ella en mi no para esment.Poc que jo vull fer-me'n absent,
que mai l'amor que ara m'encén
pugui fer via a altres destins,
car, a cops, tal deseiximent
fa que s'escampi fora i dins.
L'amor cobreix els meus camins
talment és ric de flors l'hisop.I estimo tant que més d'un cop
tinc por que la mort m'és a prop.
Prou l'Amor vull, prô m'és hostil,
i això em lacera a tot estrop.
El foc que em crema és tal, que el Nil
l'extingiria igual que un fil
aguantaria un tron d'honor.Mes jo tot sol mantinc l'ardor
del meu amor, ric de temor,
de fins desigs, d'angoixa greu,
i m'engrogueixo de color.
Prô si fos vell i volgués Déu
que ella em veiés blanc com la neu,
no em sentiria ni un lament.Perquè midons torna valent
el desvalgut i el malcontent.
Que tal qui és franc, d'humor tranquil,
si no estimés dama avinent
per tothom fóra esquiu o vil.
D'on amb qui és digne sóc humil
i uso d'orgull amb el dolent.Joglar, mal que ja és lluny l'abril,
vés als amics, parla-hi gentil,
més amb Raimon, baró excel.lent.Que el mal m'és un plaer subtil,
i l'escàs bé, dolç nodriment.
Sources :