Réunion anti-THT, le 27 et 28/11/2005 à Arles-sur-Tech
Les "mouvements citoyens" opposés au passage transpyrénéen d'une ligne à Très Haute Tension (THT - 400.000 volts) en Catalogne, française et espagnole, vont interpeller leurs gouvernements respectifs toute la semaine prochaine, pour "tuer dans l'oeuf" un thème possible du sommet franco-espagnol du 7 décembre. Et dans cette perspective, l'association française "non à la THT" organise pour le week-end des 27 et 28 novembre un "contre-sommet" à Arles-sur-Tech (Pyrénées-Orientales), dans le Vallespir, dernier tracé hypothétique de la ligne transpyrénéenne.
Ces "Rencontres européennes anti-THT" devraient, selon les organisateurs, permettre d'organiser au niveau européen des militants venus d'Ecosse, Belgique, Italie, France, Espagne. Le tout dans une ambiance festive, avec orchestres militants et conférenciers spécialisés. Les "Actes" du contre-sommet seront envoyés au président Jacques Chirac et au chef du gouvernement espagnol, José Luis Rodriguez Zapatero, pour que soit définitivement abandonné le projet franco-espagnol de 2001. Alain Rollat, ancien journaliste du Monde et militant "anti-THT", explique: "nous allons mettre le président Chirac face aux déclarations du candidat Jacques Chirac, à Avranches le 18 mars 2002 qui déclarait: "Il n'est pas acceptable que des forêts de pylones de toutes natures défigurent nos campagnes et même nos plus beaux sites". "Ce discours a fondé la rédaction d'une Charte de l'environnement précise. Oui c'est une insurrection civique(...): si nous y étions contraints, nous entrerions en éco-résistance", insiste l'ancien journaliste.
Le Serment anti-THT
Par "le serment de Monferrer", un petit village "menacé par la THT", les 14 maires du Vallespir se sont déjà engagés en août à refuser tout contact avec Réseau de Transport d'Electricité, "pour ne pas s'exposer au probable chant des sirènes financier de la haute tension". Le 12 novembre, ils ont fait graver le serment dans le marbre, et l'ont fixé au frontispice de la mairie du village... L'opposition est unanime, soutenue par sénateur-maire UMP de Perpignan, Jean-Paul Alduy comme par le président socialiste du Conseil général du département, Christian Bourquin, qui a repris contre la THT le mot d'ordre des républicains espagnols assiégés par les franquistes: "No pasaran" ("ils ne passeront pas"). On évoque ici "paysages vierges défigurés, expositions dangereuses aux champs électro-magnétiques, dangers d'incendie, mercantilisme mondialiste des grands producteurs d'électricité nucléaire"...
La situation est moins claire côté espagnol. La volonté du transporteur, Red Electrica Espanola, rejoint celle du socialiste Pasqual Maragall, président de l'autonomie catalane, la Generalitat: "pour alimenter la future ligne TGV Perpignan-Barcelone, pour sécuriser l'alimentation de la Costa Brava et faire baisser le prix de l'énergie". Ces arguments ne satisfont ni gauche républicaine (ERC), ni Verts catalans, membres du gouvernement tripartite à Barcelone. Mais il modèrent leurs critiques pour ne pas mettre la coalition dans l'embarras. La jonction définitive entre les "anti-THT" francais et les "anti-linea" espagnols, se fera jeudi à Girona, lors d'un débat contradictoire organisé dans le cadre de la Diputacio (équivalent d'un conseil général) où seront exposés arguments pour ou contre. Mais déjà le rendez-vous est pris pour Arles-sur-Tech, décrit par certains comme un "nouveau Larzac", berceau d'un certain José Bové.